Partager l'article ! Nouvelle de la semaine : Perdue la voix, parti le génie, foutu l’orateur 2/3: Cette nouvelle sera diffusé en 2 ou 3 semaines. J’ai pas le t ...
Cette nouvelle sera diffusé en 2 ou 3 semaines. J’ai pas le temps en ce moment. Mais peut être que qu’un jour j’arriverai à respecter mes objectifs et que je ferai vraiment ce qui est prévu pour ce blog. Ou pas.
Et la réponse est oui, cette nouvelle n’est vraiment pas travaillée, elle est le fruit d’une semaine difficile psychologiquement et physiquement et d’une heure d’écriture-défouloir. La source d’inspiration ? Un cours sur le Magnétisme où j’ai rien compris malgré un très bon prof. Bonne lecture malgré tout…
Perdue la voix, parti le génie, foutu l’orateur
Jour 1
Adam arrive enfin devant la porte d’entrée du laboratoire. Avec quinze minutes de retard. Mais pour lui, le concept de retard est surfait. Il se dit que tout est relatif. Quand on a l’habitude de venir quinze minutes en retard, cela en reste un uniquement pour les autres. Surtout quand on sait qu’Adam réfléchit plus vite. Ces quinze minutes sont vite rattrapées.
Ce qui frappe le plus, chez lui, n’a rien à voir avec cette habitude tordue de réfléchir. C’est sa façon d’être. Ses habitudes qui ressemblent à des événements en total décalage avec quotidien de ses collègues.
Son attitude n’est pas banal non plus. Il a toujours un gobelet de café de chez la boulangerie du coin à la main, une clope à l’autre. À ce comporter de la sorte, il n’est pas facile de passer inaperçu. Et si tous ces éléments ne suffisaient pas. Il y a ses cheveux. Toujours en vrac. Et si par pur hasard ils sont d’un agencement plus proche de la normale, ils ne le reste pas très longtemps. Son toc consistant à se passer les mains dans les cheveux lorsqu’il réfléchit tord la malheureuse normalité hasardeuse.
À peine la porte passée, il croise un collègue le harcelant de questions. Une autre habitude pour Adam. Cette fois c’est au sujet d’une expérience à laquelle il serait en mesure d’apporté un œil neuf.
« – Désolé Jacques, j’ai pas le temps. Si tu ne maîtrises pas un outil, l’utilises pas. C’est de la faute de types dans ton genre que les hôpitaux sont pleins de bricoleurs du dimanche. »
Pas le temps d’écouter la réponse. Elle ne serait pas intéressante de toute façon.
Et voilà un autre collègue qui lui saute dessus. Bon sang, que ce couloir est long. Trop long pour être tranquille. Cette fois c’est pour demander des précisions quant à un article qu’Adam a sorti il y a un mois.
« – Marc, tu ne crois pas que je vais te détailler deux ans de recherche en vingt secondes, le temps que j’arrive devant mon pc.
– On peut en parler plus tard si…
– Marc, regardes-moi, je n’ai pas l’air d’être pressé ? Regardes bien, alors ?
– Oui, t’as l’air pressé…
– Donc, soit on parle maintenant, soit on n’en parle pas. Mais j’ai plus que dix pas avant de rentrer dans mon bureau, si t’as de la chance, je ne trouverai pas mes clefs très vite, j’aurai peut-être 30 seconde à t’accorder avant de me mettre au boulot.
Adam s’arrête devant sa porte, fouille dans sa sacoche en regardant en l’air.
– Désolé Marc, t’as pas de chance aujourd’hui. Apelle Franck Shepard, lui c’est un vrai glandeur, il aura le temps pour toi. »
Les vautours éloigné de son espace vital, Adam peut se concentrer sur son boulot.
Il est déjà 11h00. Heure de la pause. Là Adam n’est pas en retard. Une clope, un café et la recharge de nicotine et de caféine le portera jusqu’au repas du midi.
Il se dirige vers l’extérieur pour fumer sa clope. Sur le chemin, il rencontre deux collègues. Nicole et David. Ces deux-là sont toujours en train de débattre. Adam les laisse parler. Au bout de quelques minutes et une fois la recharge en drogues douces effectuée, Adam démarre sa réflexion sur le débat du jour. Il commence par son toc. Un lent massage capillaire qui lui aurait valu de faire gonfler la facture du shampoing s’il avait été coiffeur.
« – En fait, votre débat, il sert à rien.
– Comment tu peux dire ça ?
– Parce que j’y ai réfléchit. Et aussi parce qu’il a été résolu il y a au moins trente ans. Mais ce n’est pas grave. Dites-vous que c’est toujours bon de remettre en cause des acquis, au pire ça permet de les renforcer. »
C’est ainsi que se termine sa pause. Elle a encore trop durée. Il est déjà 12h00. Il est temps d’aller manger.
14h00 : La reprise. Une après-midi à donner un cours. La plupart de ses collègues n’aime pas ça. Lui il en redemande. Avoir la capacité à captiver une salle de dix à cinq cent étudiants, voilà un défi. Et il y arrive très souvent.
Cette après-midi, c’est seulement pour une douzaine d’étudiants. Mais le défi est le même que s’ils étaient dix fois plus. Ceux-là sont doués. Des pointures puisqu’ils sont arrivés en dernière année.
Le cours de quatre heures moins une pause de dix minutes sera un véritable plaidoyer défendant les derniers travaux effectués par Adam. Il se terminera par onze étudiants acquis à sa cause.
18h00 : Fin des cours, mais pas de la journée. Un petit tour au labo et puis il sera l’heure de rentrer. Une heure ou deux, ce n’est pas comme si quelqu’un l’attendais à la maison. Le labo est déjà presque vide. Il ne croise qu’une stagiaire qu’il n’avait jamais remarqué. Bien étonnant d’ailleurs. Une brune aux jolies formes, un tailleur mettant bien en valeur ses hanches, de longues jambes à tomber. Elle a l’allure assurée et marche parfaitement bien avec ses talons hauts. Elle a encore le sourire aux lèvres malgré l’heure tardive où elle reste travailler. Dommage que se faire une stagiaire n’est pas bien vue. Dire que les couples mariés sont autorisés. Comme si l’alliance immunisait les gens de la séparation. C’est plutôt un catalyseur d’emmerde. Faut croire que la direction espère que tous les couples de chercheurs sont trop fainéants pour détruire un mariage.
La stagiaire s’approche de sa porte qu’il a laissée ouverte.
« – Excusez-moi, je dois absolument rentrer chez moi, le chauffe-eau vient d’exploser et l’eau commence déjà à pourrir l’appart’ du dessous.
– Ne t’excuses pas, t’as pas posé de bombe pour que ça arrive, et n’étant pas ton voisin, franchement, je m’en fiche.
– Oui, bien sûr, c’est juste que je suis censé lancer une manip’ dans la salle 3 à 18h30 précise, mais là, ça va pas être possible.
– Ouais, ok, mais je suis pas le patron, j’vais pas te dénoncer non plus.
– Je vous en remercie, mais le problème c’est que cette manipulation est vitale pour l’expérience et cela m’arrangerais si vous pouviez me remplacer. Il suffit d’ajuster la machine et…
– Ola, doucement. Commences pas à tout m’expliquer. Je risque de trouver cela intéressant et j’ai pas le temps pour mon propre boulot déjà. Tu dois partir ? Fais-le.
– Mais et l’expérience ?
– En partant tapes à la porte du bureau de Marc, il doit être encore là, il t’aidera lui. »
Pour Adam, c’est la fin de la journée. Il faut vite décamper avant que la jeunette se rende compte qu’ils sont les derniers dans le labo et que son expérience est condamnée. À moins que cela soit ses bons rapports avec ses voisins.
Comme on est mardi, Marc sera parti. C’est qu’il ne faut pas qu’il rate la série de ce soir le Marc. Pas de chance, ma belle. Ton expérience va foirer, mais vois le côté positif, tu devras la recommencer et rester plus longtemps au labo et moi j’aurai l’occasion de mater tes jambes.
Jour 2 :
C’est Mercredi. Et Mercredi, c’est tranquille pour Adam. Pas trop de boulot, mis à part un cours à donner à 15h00. Juste à une trentaine d’étudiants, tous acquis à sa cause. Il fait semblant de ne pas savoir que les étudiants ont un jeu. Ils attendent le bon mot qui sera placé par leur professeur. Adam n’a pas vraiment à réfléchir pour faire sensation lors de ces cours. Il trouve toujours. Un maître de l’improvisation, avec l’un des esprits les plus fins de son temps. Et le pire c’est qu’il le sait. Il en est fier. Il aime à dire qu’il crache sur la fausse modestie. Il est bon, les autres l’accepte plus qu’ils ne le reconnaissent. Il est jeune, il est doué, pourquoi se gêner ?
C’est comme avec la stagiaire d’hier. Pourquoi se soucier de ce que cela aura comme conséquences. Ce ne sont pas ses affaires. Bon, c’est vrai, c’est son labo, donc une partie de sa réputation. Mais au fond, il ne s’en fait pas. Il a bien vue que la jeunette était une sérieuse, une bosseuse, qui en redemande en plus. Elle a dû rester. Tant pis pour son appartement. Faut faire des sacrifices quand on choisit ce boulot. Il en a bien fait lui. Il a tout quitté quand il a obtenu cette place. Sa copine ne voulait pas suivre. Qu’elle reste, lui, il avait une opportunité unique à saisir, un nom à se faire.
Enfin, ça, c’est ce qu’il croyait. Ça date de l’époque où il était plein de rêve. Aujourd’hui, c’est comme si il s’était réveillé. Il se console en se disant qu’il est au moins devenu quelqu’un d’important pour ceux qu’il côtoie au-jour-le-jour.
Au moment où Adam entre dans le labo, à 9h40, donc en retard même pour lui, il croise la jeune stagiaire. Elle a les traits tiret. Son café à la main n’est pas son premier. Elle a eu une journée difficile hier. Ils ne s’échangèrent qu’un « bonjour » poli. Simple, sans fioriture. Pas de « comment ça va ? ». Ça sert à rien, pourquoi demander quand on se fou de la réponse.
11h00, c’est la pause d’avant midi. L’heure de la dernière clope de la matinée pour Adam. Il croise encore ses collègues Nicole et David. Cette fois pas de débat, ils parlent de la jeune stagiaire. Apparemment, le problème d’hier est devenu son problème du jour à lui.
« – Tu te rends compte ? Tous les locataires de l’étage du dessous ont dû être évacués ! Nicole avait décidé de montrer son agacement face à Adam, une vengeance pour hier sans doute.
– Pas de chance. C’est une sale histoire. Dit-il tout en tentant de cacher son petit sourire en faisant mine de boire une gorgée de café. Tu sais qu’évacuer des gens ça revient à leur faire un lavement ?
– Arrêtes de te marrer. OK, tu l’as testé et c’est bon, c’est une bosseuse. Mais, pour nous qui l’avions remarqué lors de son arrivée, y’avait pas besoin de preuves. On savait déjà que Claire assurait.
– Vous savez techniquement : on évacue un immeuble, pas des gens.
– Sois sérieux pour une fois, tu l’as foutu dans la merde.
– Mais je suis sérieux : évacuer, c’est vider un contenant, pas extraire un contenu.
– Je ne vois pas la différence moi.
– Arrêtes David, rentres pas dans son jeu. Il n’a aucunes excuses alors il essaye de s’en sortir en jouant sur les mots. Allez, viens, il faut que l’on finisse notre boulot. »
Qu’ils aillent bouffer du code ces fous du clavier, ils ne vont pas me pourrir mon mercredi pour une stagiaire. N’empêche, elle a raison, la Nicole, j’n’ai pas vraiment d’excuse pour le coup. Je sais même plus pourquoi j’ai fait ça. Doit être une histoire de fesse. Ou de jambes, ouais, j’crois bien que ce sont ces jambes. Ah, et maintenant je sais qu’elle s’appelle Claire. Claire… J’n’aime pas ce prénom, il ne lui va pas. Elle restera la brune aux jolies jambes pour moi.
15h00 :
C’est l’heure du cours pour Adam. Une chance de rattraper cette journée où il ne s’est pas très bien débrouillé dans ses rapports avec les autres.
Le cours d’aujourd’hui va être endormant et surtout difficile pour les étudiants. C’est la première fois qu’Adam le fait, ce n’est pas réellement son domaine, il n’a pas vraiment préparé le cours, mais il compte sur son talent habituel d’orateur. Un talent qui a l’air d’avoir pris des vacances aujourd’hui. Mais Adam a confiance. Suffit qu’il se retrouve au pied du mur et ça sera bon.
« – Monsieur, excusez-moi mais je ne comprends pas, le petit « b » là, qu’est-ce qu’il signifie ?
Et merde, j’en ai aucune idée, j’utilise toujours le petit bouton bien pratique qui calcul tout seul… Qu’est-ce que je vais bien pouvoir répondre… Et merde, déjà cinq seconde sans parler… Dix seconde que je regarde le tableau noir sans savoir ce qu’il faut répondre…
– Heu… et arrêtes de te toucher les cheveux. T’as l’air ridicule comme ça. Comment tu t’appels déjà ?
– Franck.
– Et bien, c’est une bonne question Franck. C’est justement ce que je comptais vous demander. Pour la semaine prochaine. Allez tous faire tour à la bibliothèque. Ouvrez le bon bouquin, et vous saurez. Vous essayerez aussi de faire la démonstration de cette expression.
Prends ça l’rigolos. Une main se lève au fond à droite de la salle. Et merde, encore une question :
– Oui ?
– On peut avoir une pause ? Ça fait déjà plus d’une heure et demie et d’habitude c’est le moment de la pause.
Et si je dis oui, ils vont avoir l’esprit libre pour comprendre que je me suis craqué. Pas question. J’peux tenir sans pause-clope.
– Ah, non. Désolé pas aujourd’hui. Faut qu’on avance. On a pris du retard. »
Et paf, une autorité qui s’impose, une.
Plus qu’une heure et la fatigue commence à se manifester. Adam est obligé de baisser la voix pour la préserver. Heureusement que son public est silencieux. Pas qu’ils soient attentif, non c’est surtout qu’ils s’endorment. Finalement son talent d’orateur doit hiberner.
Adam arrive à la conclusion de son cours, c’est bientôt finit. Sa voix est fatiguée. Elle se perd peu à peu et il a du mal à la maintenir.
« – C’est ainsi que l’on retrouve notre équation de départ. Le mouvement sera qualifier d’iner….
Il a ripé sur le dernier mot. Il était même pas audible. Le plus important. Ils n’ont pas dû le comprendre. La dizaine qui suit et prend des notes s’est arrêté et deux d’entre eux ont l’air de se poser la question.
J’vais pas me répéter. Faut pas que je montre que je suis fatigué. Déjà que j’ai pas été brillant aujourd’hui. Faut enchaîner.
– Bon, le retard est presque rattrapé. Je vous lâche plus tôt j’ai une affaire urgente à régler. Désolé je n’ai pas le temps de répondre à des questions. On reprendra tout ça la prochaine fois ensemble.
Ranger ses affaires. Partir de la salle. Vite. Avant qu’ils ne réalisent ce qu’ils se passent. Allez, t’inquiètes pas Adam : ils n’ont rien suivit ils n’oseront pas t’embêter avec des questions.
En moins de trente seconde il est sorti de la salle. Il fait mine d’être pressé. Il se dirige vers le labo où il ne lui restera qu’à éteindre l’ordinateur qui ne tourne pour rien, prendre quelques affaires et rentrer chez lui. Il a besoin de repos.
Alors qu’il s’apprête à quitter son bureau, il croise Claire. La moindre des choses serait qu’il s’excuse. Mais la journée a déjà été bien difficile. Adam ne veut pas, en plus, se montrer faible face à une stagiaire.
« – Alors on reste encore tard pour travailler ce soir ?
– Et oui, je n’ai pas très envie de rentrer dans mon appart’. Il est dans un sale état. Je suppose que vous avez appris ce qui s’est passé.
– Je crois oui. Il faut que je me barre, elle va me parler de ses problèmes et j’n’ai pas envie de jouer l’hypocrite en faisant semblant de m’y intéresser. Désolé je suis pressé. Bonne soirée et bon courage. » Au moins il ne s’est pas montré désobligeant.
22h00 :
Enfin chez soi. Trop tard pour faire à manger. Adam fouille ses placards désespérément vides. Il n’aime pas faire des courses. Même si c’est un bon cuistot, il ne prend pas le temps de se mettre aux fourneaux. Il se retrouve très souvent à manger au restaurant. Il est un peu tard et il est trop fatigué pour sortir. Il trouve finalement un paquet de biscuit. Ça fera l’affaire. Il jette un œil à la bouteille de whisky exposé dans le bar. Il n’est pas alcoolique. Mais une journée comme ça, ça s’oubli dans les vapeurs d’alcool ou ça vous empêche de dormir. Et pour demain il se doit d’être plus en forme.
Tant pis, oublions cette journée moisie. C’est Mercredi. Et Mercredi, c’est whisky.
À suivre…
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